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.J'imagine leurs c½urs emplis d'amour, leur bonheur, comment pourraient-ils penser aux autres (...), ils s'aiment, voilà tout, ils s'aiment et le reste n'a aucune importance, le reste n'existe plus.
Je ne sais pas où mes pas me portent. Ce n'est pas grave : cette nuit, j'aimerais me perdre. Moi qui ai toujours peur de tout, des autres, de moi, de ce que je ne connais pas, j'aimerais me perdre dans cette ville immense, j'aimerais qu'elle me prenne et m'emporte, et m'amène ailleurs, hors de moi, là où je ne suis encore jamais allée, oui, c'est une nuit pour pleurer et laisser les douleurs se répandre, c'est bon de pleurer, pleurer c'est être dans l'enfance (...). Je tremble mais je sais que la nuit on a tous les droits, on peut chanceler, on peut tomber, on n'a pas à faire semblant, à rester digne, on peut chuter sans avoir honte. On a droit à cette vulnérabilité-là.
L'amour transforme-t-il une ½uvre comme il bouleverse une vie, avec violence, avec douceur, refermant la vie d'avant, ouvrant sur un horizon plus vaste que ne l'ont jamais laissé entrevoir même les plus beaux rêves ?
Il n'y a pas de vérité. Tout nous échappe sans cesse, même les êtres qu'on aime. Mais reste la certitude que certains moments ont été ce qu'on appelle le bonheur.
Laurence Tardieu - Rêve d'amour